Toit vert

Parmi les sujets qui reviennent régulièrement dans l’actualité relative à la construction, le toit vert semble gagner de l’intérêt. Plus particulièrement en milieu urbain où ce genre de toit est souvent évoqué comme une alternative intéressante pour contrer le phénomène des « ilot de chaleur » de même que pour compenser le manque d’espace verts et donner la possibilité aux habitants de la ville de pratiquer le jardinage.

Nul besoin de regarder longtemps un paysage urbain de haut pour se rendre compte que la partie toit des bâtiments occupe effectivement un espace important. Autre constat facile à faire, les matériaux utilisés pour le toit contribuent à cet effet d’ilot de chaleur de par leur nature : les tuiles, bardeaux et autres matériaux de recouvrements, le plus souvent de couleur foncée, absorbent et retiennent la chaleur du soleil. Chaleur qui est ensuite libérée dans l’environnement immédiat une fois que le soleil disparaît et que le toit se refroidit. C’est sans surprise qu’on apprendra que cet effet est mesuré depuis longtemps et est significatif. Des différences de températures de plusieurs degrés entre les secteurs d’une ville au même moment sont tout à fait normales dans ces circonstances. La différence est encore plus marquée entre la ville et la campagne environnante.

Regardez cette carte !

Dans la région immédiate de Montréal, certains arrondissements particulièrement touchés par ce phénomène (haute densité) ont déjà pris des mesures afin de réduire l’impact de ces structures sur la température locale. On en est pas au point d’imposer la construction de toits verts à large échelle. On verra pourquoi un peu plus loin. Mais certains règlements existent quand même pour régir la construction, la réparation, la modification et l’entretient des structures. Principalement, les règlements concernent la nature des matériaux utilisés sur les structures de toit (genre de matériel, méthodes d’installation, couleurs (plus pâles, ne retenant pas la chaleur) etc.).  Informations intéressantes sur le site de la ville.

Le coût, principal facteur.

Que l’on bâtisse du neuf ou qu’on tente de rénover un bâtiment existant, l’installation d’un toit vert a un impact relativement important sur le coût de la construction ou de la rénovation.  Le principal facteur vient du fait qu’un toit vert ajoute une charge importante sur la structure.  Bien que la littérature disponible sur le sujet tend à varier beaucoup.  Des valeurs variant entre 30 et plus de 80 livres au pied carré sont évoquées quant au « surplus de charge » qu’un toit vert impose à une structure.  Une moyenne de 50 livres au pied carré semble un chiffre assez juste.  Plusieurs sites web faisant la promotion des toits verts donnent des valeurs qui peuvent sembler inférieures à ce qui est mentionné ici : méfiez vous !  Très souvent, ces sites (Américains, Anglais) ne tiennent compte que de la charge « morte » qui néglige deux choses importantes : la présence de neige (définitivement quelque chose à ne pas oublier ici) et l’eau absorbée et retenue dans le sol.  Notre conseil : bâtissez plus solide que nécessaire, n’y allez pas en bas de 30 livres au pied carré pour la charge supplémentaire. 

Quiconque travaille dans la construction ou possède un certain niveau de connaissance sur le sujet comprendra donc aisément que la construction d’un toit vert exige un renforcement important de la structure sous-jacente.  Il est évidemment plus facile de concevoir le tout pour un bâtiment neuf.  Dans le cas d’un bâtiment existant, les modifications nécessaires risquent de faire gonfler encore plus les coûts, voir rendre le tout pratiquement impossible à moins de se contenter de convertir seulement une faible partie de la surface de cette façon.

L’autre facteur important de coût vient de la nature même du toit vert.  Nature qui peut également varier grandement dépendamment du genre de toit vert dont on veut se doter.  Veut on un simple toit « végétalisé » ou veut on avoir la possibilité d’y jardiner, d’y planter autre chose que de simples graminées ?  En théorie, tout (ou presque) est possible ; la seule limite demeure votre portefeuille.  Un toit vert est beaucoup plus complexe à construire qu’un toit conventionnel, même si on ne tient pas compte du facteur poids.  Le toit vert est un milieu de vie, un substrat.  On doit gérer l’humidité, pas simplement évacuer l’eau comme pour un toit conventionnel.  On doit gérer la végétation, le sol.  Et si on y jardine, on doit gérer les gens qui s’y trouvent.  Par définition, un toit conventionnel n’est pas quelque chose sur lequel on marche.

Ces facteurs expliquent facilement pourquoi on ne retrouve pas si souvent de toits verts même s’il semble exister un engouement pour l’idée.  La plupart des toits verts se retrouvent sur des bâtiments neufs, souvent de grande envergure et de structure particulièrement « costaude ».  Le plus souvent du béton armé.  Ils ont des avantages indéniables : très efficaces contre le phénomène des ilôts de chaleur, donnent un meilleur rendement thermique (isolation), constituent un milieu de vie pour une certaine faune urbaine, etc.  L’avantage économique reste cependant encore à créer : le coût supplémentaire de construction ne pouvant être rapidement compensé par les économies d’énergie.

Les clichés qui suivent sont de l’auteur, ils proviennent d’un bâtiment d’habitation neuf construit en béton armé.

Toit recouvert de graminées

Toit vert

Toit

Équipement sur toit vert

Végétation

Détail d’un toit vert

Pour en savoir plus :

Guide éco habitation.

Information de la RBQ.

Un point de vue du Devoir.

Un guide de la ville de Montréal (PDF disponible).