Changement climatique

argile

Sol déstabilisé sur argile

Le changement climatique est un sujet qui revient régulièrement dans l’actualité depuis plusieurs années. En fait, déjà dans les années 80 le sujet du changement climatique était abordé. On parlait de l’effet de serre à l’époque. De nos jours, on sait que la réalité est beaucoup plus complexe. L’ancien enseignant de géographie que je suis se souvient très bien que le sujet était ouvertement abordé lorsqu’il a fait ses études au début des années 90. Dans le cadre de nos cours de climatologie, on parlait déjà de changement climatique, pas seulement d’effet de serre. Plus tard, en tant qu’agent d’assurances de dommages, ce même sujet revenait régulièrement lorsqu’il était temps de souscrire des risques en habitation.

Mais que vient faire le changement climatique dans une chronique sur l’inspection de bâtiment ? Le lien, qui peut sembler naturel pour quelqu’un qui a travaillé en assurances et en enseignement des sciences, peut ne pas sembler évident pour le grand public. Et pourtant…

Il existe un consensus assez clair quant au fait que le changement climatique existe réellement et que ses impacts se font déjà sentir dans bien des domaines. Du côté des assureurs, entre autres, les statistiques de réclamation montrent une importante augmentation des sinistres couverts en lien avec le climat et ses effets parfois violents. Vent, grêle, dégâts d’eau, feux de forêts, nommez-les ! Depuis les 20 dernières années les montants payés en compensation ont augmenté beaucoup plus vite que l’inflation ou le taux général de croissance de l’industrie. Ceux qui paient les primes d’assurances habitation ne sauront le nier.  Le bureau d’assurances du Canada (BAC), organisme qui chapeaute l’industrie, a régulièrement publié des articles sur le sujet.  Le site Web infoassurance.ca est très utile à ce sujet également.

L’inspecteur en bâtiment peut jouer un rôle très important pour son client car son expertise peut lui permettre de pointer très précisément l’attention de ce dernier sur des éléments importants pouvant affecter la sécurité et l’intégrité d’un bâtiment qu’il s’apprête à acheter.

Sans entrer dans les détails, il faut comprendre que le principal impact du phénomène du changement climatique vient du fait que nous observons de plus en plus d’événements climatiques violents, extrêmes.  Dû au fait que la température globale a tendance à se réchauffer à long terme, il faut comprendre que toute la « machine climatique » qui en dépend a tendance à s’activer, s’emballer.  Le climat n’est jamais une affaire de moyenne, même si les météorologues ont souvent tendance à parler des moyennes de température ou de vent ou de précipitation.  Le climat est réellement une affaire d’écarts.  Et ce qu’on constate de plus en plus, c’est que ces écarts ont tendance à s’agrandir beaucoup avec la hausse globale observée des températures dites « moyennes ».  Donc, à mesure que le changement climatique amène une hausse globale des températures on observe une importante augmentation des épisodes « records » de toutes sortes : vague de chaleur record, suivie par des précipitations records, suivie par une sécheresse record, accompagnée de vents records, puis un hiver record (sans neige ou avec du verglas – qui se souvient de 1998 ?), etc.

Le problème, on peut aisément le comprendre, vient du fait que nos maisons ont été conçues et bâties en fonction d’un certain type de climat avec ses moyennes et certains écarts.  Mais il y a des limites à vouloir tout prévoir.  On ne pourra évidemment jamais construire à toute épreuve ; les coûts seraient prohibitifs.  En même temps, on ne peut ignorer le changement climatique actuel pas plus que le fait que la tendance générale veut que la température globale va continuer d’augmenter dans un avenir prévisible et ce, même si on met toute la bonne volonté du monde pour contrer les effets du réchauffement.  Avant que notre climat ne revienne (si jamais il revient) à la « normale » il va se passer beaucoup de temps.  Nous n’avons donc pas le choix : il faut se préparer et s’adapter au changement climatique.

En inspection de bâtiment ceci veut dire que votre inspecteur doit être particulièrement vigilant lorsque vient le temps d’inspecter certains éléments de la maison que vous vous proposez d’acheter.  Tout ce qui touche l’enveloppe du bâtiment, donc qui sert à protéger des éléments externes, est évidemment critique : toit, ouvertures, parement sont en première ligne face au climat et ses « attaques ».  Ce qui entoure la maison est également important : le terrain permet-il un bon drainage par exemple ?  Un sol argileux risque t’il de se liquéfier s’il se met à trop pleuvoir ou, pire, se solidifier comme une brique si une sécheresse importante apparaît ?  La végétation peut elle contribuer à protéger ou nuire au bâtiment (ces beaux gros arbres matures résisteront-ils à des bon coups de vent) ?  La structure même de la maison risque d’être mise à l’épreuve : les murs sont-ils renforcés en fonction des coups de vent, le toit peut-il prendre une charge de neige importante ?

Neige

Reverrons nous des hivers aussi neigeux ?  (photo prise en Mars 1997, ne cherchez pas d’échelle je n’en ai pas eu besoin…)

Il ne serait pas surprenant que dans un futur prévisible on observe un besoin de modifier certaines de nos façons de planifier et de faire en ce qui concerne nos bâtiments versus le changement climatique.  Peut-être sera t’il nécessaire de modifier certains aspects du code du bâtiment, certains règlements de zonage, etc.  En attendant, il faut se rappeler que le fameux code du bâtiment constitue un minimum à atteindre.  Rien, sinon que le coût, ne nous empêche de bâtir plus solide, de prévoir un meilleur draînage, de respecter de plus grandes distances de dégagement, de mieux isoler, etc.  En attendant, il faut s’assurer que les règles actuelles sont mises en place correctement ainsi que de faire preuve d’une attitude proactive, prévenante.

Un bon inspecteur est une ressource essentielle à contacter.  N’hésitez jamais à le faire : chez nous les conseils sont toujours gratuits (et le resteront).

 

En savoir plus :

Changement climatique et habitat (selon l’ONU)